Bonjour Damien
A quelques détails prés j'aurais pu écrire la même chose.
Cyril, mon mari est parti le 25 août, des suites d'un lymphome.
même si je connaissais la fin de l'histoire et que j'avais intégré le fait qu'il allait partir, mon coeur n'était bien évidemment prêt.
on a beau "s'y préparer" intellectuellement, rien y fait, on est dévasté.
et comme toi, malgré tout, la vie continue, nous devons faire face au quotidien, inexorablement.
j'ai 3 enfants, et ma fille de 16 ans est encore à la maison.
c'est pour elle que je continue à faire les courses.
elle vient de rentrer en terminale, et c'est compliqué pour elle aussi. mais elle a l'avantage de la jeunesse, à savoir les préoccupations d'ado, et tant mieux finalement, car la maladie au quotidien l'a obligée à grandir plus vite....
mes amis ne me lâchent pas, et ils m'ont poussée à m'inscrire dans une asso de randonnée.
ça me fait du bien de faire une activité sportive.
Mais, même s'ils sont formidables, j'ai besoin de ces moments de solitude pour pleurer, lui parler, enfin à son urne que j'ai installée dans son atelier, ou il aimait tant sculpter.
j'ai besoin d'y aller plusieurs fois par jour.
et comme toi, les moments ou il m'arrive de rire, sont immédiatement suivis d'un immense sentiment de culpabilité..... comment puis je prendre du bon temps alors qu'il n'est plus là ??
nous bossions ensemble, ce qui fait que les 14 dernières années de ma vie, je les ai passées 24/24 avec lui.
pas d'activité sans lui, pas de we sans lui, pas de sortie sans lui.
je ne voulais rien faire sans lui.
d'ou mon immense solitude et une peine indicible.
nous devions repartir aux USA en 2027. suite à une courte rémission, nous nous étions mis à continuer nos projets.
je vais donc repartir, sans lui, mais avec mes enfants, faire un road trip " hommage" et en allant disperser un peu de lui à un endroit qu'il avait aimé...... je lui ai promis de le faire un jour ou nous avions rapidement évoqué l'après ( ce fut la seule fois, on évitait le sujet).
je vois également une psy...... je ne sais pas encore si ça me fait du bien, mais je lui parle de ma culpabilité.
" j'aurais du lui dire ça, j'aurais du faire ça, pourquoi l'ai je emmerdé avec ça....."
comme toi, je suis submergée par l'administratif, odieux dans ces cas là.
donc, je n'ai aucune solution à t'apporter, ni aucun conseil, car, comme toi, je suis novice en matière de deuil conjugal.
mais peut être une écoute, un partage, un soutien.
nancy